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  Le lin textile


En quelques chiffres...

Depuis 1999, le lin est revenu en force dans la mode vestimentaire. La demande en matière première s'est accrue tirant vers le haut le prix du lin et rendant la culture plus attractive.
Ainsi les surfaces sont passées de 4 219 ha en 1999 à 6 529 ha en 2001 pour le département de la Somme. Cette culture se concentre principalement sur la bordure maritime de la Somme où le climat est favorable au rouissage du lin.
Le lin est une fibre naturelle qui jouit d'une très bonne image de qualité et de confort.

Evolution des surfaces et rendements du lin textile

 
Année
Surfaces (ha)
Rendement (tonnes par ha)
1980
2784
61
1994
3800
65
2001
6526
52






Une culture écologique

Après avoir bien préparé la terre qui doit être fine, homogène et aérée, l’agriculteur sème les graines de lin au début du printemps . Le semis est très serré : 2 200 graines par m² ! De cette façon, on obtient des tiges fines et régulières.
Dix jours après le semis, les graines se lèvent.
Pendant deux mois et demi, la plante croît très rapidement. La tige va porter 80 à 100 feuilles. Fragile, elle court un grand risque : celui d’être couchée par le vent ou les orages (c’est la verse). Si le lin ne peut se relever, la qualité sera moins bonne.

En juin, la plante atteint un mètre de hauteur et se met à fleurir. Le champ est en fleur une dizaine de jours mais chaque fleur ne dure qu’une demi-journée. Le lin peut être à fleurs bleues (la majorité en France) ou à fleurs blanches.

Au cours du mois de juillet, quand le lin a perdu un tiers de ses feuilles et que les capsules contenant les graines sont devenues jaune-brun, le lin est mur et on l’arrache. On ne le coupe pas pour conserver toute la longueur des tiges. L’arracheuse dépose les plantes en lignes (andains) après avoir récupéré les graines qui les renferment.

Le lin ne nécessite que très peu d’engrais et de produits phytosanitaires (contre les insectes et les maladies). C’est de loin, la culture textile la plus propre et la plus respectueuse de l’environnement.





Une plante textile

Les andains sont laissés sur place. Sous l’action de l’humidité, des petits champignons et des bactéries se développent et attaquent les ciments qui tiennent les fibres entre elles. C’est le rouissage. On retourne le lin pour permettre un rouissage homogène, puis on le ramasse en grosses balles rondes.
On sépare alors, par broyage et battage, les fibres de la paille et des poussières : c’est le teillage.
Il est ensuite peigné pour épurer les faisceaux de fibres qui sont étirés à plusieurs reprises pour obtenir une mèche de plus en plus fine.
La filature peut se passer de deux façons : au mouillé pour obtenir des fils fins et au sec pour obtenir des fils plus gros et plus rustiques.
Le tissage du lin se fait sur des métiers à tisser identiques à ceux utilisés pour les autres fibres. Il consiste à entrecroiser un par un les fils disposés en long (chaîne) avec ceux disposés en travers (trame).






Des utilisations variées

A partir de la paille, on obtient du fil qu’on tisse et qui sert à l’habillement (57%), au linge de maison (18%), à l’ameublement (10%). Les tissus techniques (toile à tableau, sacs postaux, toiles à pains, ficellerie, fil chirurgical, tuyaux à incendie…) représentent 15% de la production.
Les tissus 100% lin sont très appréciés des grands couturiers notamment, pour leur finesse, leur pureté et leur image raffinée.

Les déchets de paille, appelés anas, sont récupérés pour la fabrication des panneaux de bois agglomérés et sont également utilisés comme paillage écologique pour les jardins.

Les graines servent à l’alimentation du bétail. L’huile qu’on extrait entre dans la composition des peintures. Elles sont également utilisées par l’industrie pharmaceutique.





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